Ma plus vieille nouvelle; simple apercu d'une caste de sorciers parmis d'autres que j'ai eu plaisir a imaginer , et que j'espere avoir plaisir a meler a d'autres histoires encore, afin de demontrer
des aspect moins....coleriques ^^
Le soleil s’inclinait peu a peu sous le poids de la nuit naissante, son auréole rougeâtre se dessinant en dents de scie a travers le sommet des arbres. Les légers ululements de rapaces
nocturnes et le pépiement de proies traquées s’épanouirent à travers les bois. André baissa les yeux vers sa montre et fit un calcul mental de la distance qui leur restait à parcourir à pied.
Adossé contre sa voiture, Paul lui proposa une cigarette que cette fois il accepta. A vrai dire André n’était pas un fumeur, les seules fois ou il fumait c’était avant un coup ; comme un
rituel pour bannir le stress. Le seul ennemi qu’il n’avait pu fuir avec sa discrétion, sa tenue noire et son agilité. Celui ci c’était fait rare les derniers temps , mais bizarrement il
semblait légèrement présent ce soir ; un peu a la facon d’un aphte, probleme benin mais irritant. André alluma la quarantième cigarette de sa vie et fis une dernière vérification de routine du
matériel de professionnel qu’abritait le coffre de la voiture. Les lunettes a amplification de lumière étaient impeccablement nettoyés et prépares ; tout comme la multitude de petits outils en
metals ou d’appareils électroniques qui a eux tous, ouvraient la plupart des serrures existantes. Paul finit d’enfiler tranquillement le haut de sa tenue noire et observa le visage tendu de son
« collègue de travail » et ami d’enfance. Il avait vécu avec lui 10 ans dans le même orphelinat et des montées d’adrénalines incroyables en dévalisant les surveillants endormis puis les
fortunés endormis ; il sentait la nervosité d’Andre comme s’il avait etait son frere.
« D’après Léo, c’est vraiment le coup de l’année cette baraque, il a pas arrete de me parler de toutes les antiquités et objets en or qu’il y a vu ; il a rajouté qu’il y avait plein de
bouquins qui devraient t’interesser. »
André tira sur sa cigarette en pensant. Léo était un employé de GDF qui profitait de son boulot pour faire des repérages chez des cibles potentielles ; tout ce qu’il demandait en retour etait
un objet particulier ou une partie de la revente. Apres des années de cambriolages, ils avaient réussi à former un groupe parfaitement organisé, Léo ou d’autres signalait les maisons intéressantes
a dépouiller. Et ils n’avaient plus qu’ a y faire un petit tour la nuit puis revendre le tout a un réseau d’antiquaires ou de bouquinistes professionnels avec lesquels il s’entendait très bien de
part son goût des livres. Une véritable entreprise illégale ou tout marchait sans accros grâce à leur talent de visiteurs aussi indésirables que discrets. C’était peut être ça qui le taquinait ce
soir, l’habitude. La facilité avec laquelle ils s’introduisaient chez des riches collectionneurs avant de repartir sans un bruit mais avec des milliers d’euros dans les poches. C’était devenu
tellement facile que ça l’effrayait, comme l’impression qu’un malheur va forcement arriver lorsqu’on a fini par oublier ce qu’est un malheur ; que c’est trop beau pour continuer ainsi et que
l’on va logiquement se casser la gueule une fois monté le plus haut possible. Cette légère angoisse engluait ses pensées et il se mit à la combattre en voyant le regard plein d’assurance de son
camarade de toujours. Apres tout ils avaient fait largement plus dangereux comme coup et ils étaient toujours libres…de plus celui ci paraissait vraiment sans problèmes, pourquoi quelque chose se
passerait mal ? Ils seraient déjà milliardaires si tous les cambriolages qu’ils avaient fait était comme celui ci semblait être. André aspira une longue bouffée de nicotine qui affaiblit
son inquiétude et la chassa hors de son esprit. Il lança à Paul le même sourire complice qui se lançaient avant chaque cambriolage et finit de mettre sa tenue de travail.
Le soleil acheva sa temporaire disparition quotidienne a mesure qu’ils progressaient dans la foret. Ils suivirent un chemin a peiné débroussaillé pendant environ une petite heure en marchant
tranquillement mais d’un pas soutenu. Puis ils aperçurent à une distance de quelques centaine de mètres et entre plusieurs arbres, l’un des vieux murs couleur de brique de la maison convoitée. En
plein centre de la foret, elle était avec le chemin la seule preuve de présence humaine ; ce qui etait un avantage agreable pour leur profession. Ils s’en approchèrent en redoublant peu a peu
de discrétion. Puis une fois a distance raisonnable, ils firent un tour entier autour de la maison ; guettant sans resultat la moindre lumiere ou mouvement visible des fenetres.
« Léo avait raison, le proprio est un couche-tôt. Finalement on était pas obligés de laisser la voiture si loin » Déclara Paul
« Vaux mieux être trop prudent que pas assez, puis la marche a pied nous tuera pas. T’est prêt ? »
« Toujours ! » Fit Paul en se moquant des scouts. Cette blague facile fesait toujours rire André, les scouts furent un passage plus qu’ennuyeux de leur enfance imposé par
l’orphelinat.
Se déplaçant dans un silence remplacé par les bruits d’animaux habitant cette foret, ils se dirigèrent vers la porte d’entrée. Cette dernière était en vieux bois massif et solide ; ornée d’une
poignée au style tout aussi vieux. Au-dessus se trouvait une lourde serrure apparemment rajoutée depuis peu. Paul s’accroupi devant, la scruta à travers ses lunettes amplificatrices de lumière puis
il y glissa une tige de metal a l’extrémité précisément travaillée.
« Du gâteau » marmonna t’il en souriant
« Quel pied ces lunettes ! Tu te souviens quand t’était obligé de m’éclairer avec une lampe de poche ? » rajouta t’il en inclinant plusieurs fois son poignet de gestes
expérimentés
« Wep, même qu’on flippait toujours que ca réveille un voisin » Un fin clic métallique résonna avec douceur.
« Rien a dire, la technologie ca a du bon, pour tout le monde » Répondit Paul en s’affairant sur la deuxième serrure beaucoup plus basique. Quelques secondes plus tard un autre clic plus
grossier retentit.
« En avant, doigts de fées » Chuchota André en passant devant son collègue pour commencer à s’engager dans l’entrée.
Il adorait cette sensation, cette pointe d’adrénaline au moment crucial ou le risque accroissait plus encore l’attrait des objets bientôt revendus. Il la ressentait le long de son corps et son
esprit tandis qu’il jetait de vifs coups d’œils ; elle le transcendait dans une euphorie qu’il avait connu depuis son premier larcin. Lui , l’orphelin privé de la chose basique et essentielle
qu’était les parents avait désormais un pouvoir énorme sur les onéreux plaisirs d’hommes possédant tout. Cette même sensation le rendait aussi discret et concentré qu’un prédateur a l’affût ;
a vrai dire c’était sans doute sa sensation préféré avec le sexe et la lecture. Il s’enfonça sans le moindre bruit de pas a travers le couloir d’entrée, un sourire croissant sous sa cagoule. Sa
conscience ne l’embettait en rien, a part quelques surveillants d’orphelinat aussi pédagogues qu’un mur de béton ; il avait pris soin avec Paul de ne devaliser que des fortunés. Les très rares
moments de culpabilité l’avait même convaincu qu’il participait à une redistribution des biens organisée non pas par l’économie et les relations mais par les capacités propres et differentes que
possédait chaque homme. Et c’était un dieu dans la capacité de discrétion.
Le plan que leur avait fait Léo et qu’il avait appris par cœur semblait juste, un escalier menant au premier étage se trouvait juste a sa gauche ; et devant lui le salon qui avait enflammé la
cupidité du meme Leo. Paul le suivant, il finit de parcourir le couloir et pénétra dans le salon.
André eut le souffle et les pas coupés net, il avait vu des multitudes et des multitudes de pièces luxueuses remplies de richesses mais aucune, aucune.. comme celle ci. L’ambiance qui s’en
dégageait était celle rance et renfermé des temps passés, comme si son propriétaire avait vécu en ces temps la, mais elle se relevait d’une agressivité franche a l’œil ,du a l’impudique et
fière exposition d’autant d’antiquités dont le prix de revente équivalait sans doute le PIB d’un pays pauvre. Paul qui faillit le bousculer en continuant d’avancer eut la même réaction ;
devant leurs regard ebahis s’etendait une vaste bibliotheque aux angles recouverts d’or. A ses cotés se trouvait de nombreuses vitrines ou s’exhibait des armes blanches moyen ageuses, des objets
courant de l’époque et des bijoux dignes dune princesse ; le tout dans un etat de conservation parfait laissant croire qu’ils avaient traversé les centaines d’années d’un clin d’oeil pour se
presenter aussi fierement a eux. Le meublier était lui aussi de style ancien et décoré d’aussi innombrables que parfaites finitions et gravures souvent plaquées d’or ; seule une enorme
cheminée arborait un minimum de modestie. Paul laissa s’échapper quelques gouttes de bave sous sa cagoule.
Dans un cas normal, ils se seraient certainement demandés quel point de masochisme le propriétaire de ces lieux avait atteint pour laisser tout cela sous la protection de deux simples
serrures ; mais ce n’etait justement en rien un cas normal. Bien que leur lunettes amplificatrices de lumière voilèrent leur yeux d’un vert clair, André et Paul étaient comme hypnotisés devant
tant de joyaux et de pièces rares. Instinctivement, André s’avança vers la lourde bibliothèque qui le dépassait de plusieurs têtes en hauteur ; Paul lui, se tourna vers les vitrines avec la
peur que cela soit un reve. Il fut surpris d’apercevoir plusieurs instruments de tortures, ses connaissances en histoire obligatoires a la bonne marche de son métier lui notifièrent qu’il
s’agissait sans doute d’outils de l’inquisition ; a l’etage au-dessus etait exposé divers amulettes aux signes cabbalistiques qui lui etaient inconnus. Son attention se posa quelque peu sur
cet étrange art occulte puis après avoir vérifié que les vitrines n’étaient pas reliés à un quelconque système d’alarme ; il en ouvrit une et glissa tout les bijoux qu’elle contenait dans son
sac a dos.
A l’inverse, André restait encore stupéfait devant la bibliothèque ; de lourds rayons soutenaient nombres de livres dont l’ancienneté le fit sursauter de surprise et d’envie. Tous présentaient
des titres en langue inconnue a ses pensées ; le seul dont il pu dechiffrer une partie du titre etait l'une des premiers editions de la Divine Comedie de Dante. Mais celui qui brillait le plus
a ses yeux comme une lampe a moustique face à son futur client volant se tenait sur une massive table de travail placée devant la bibliothèque. C’était un livre large et imposant des le premier
coup d’œil. L’on pouvait voir que de nombreux feuillets y avait été rajouté au fil du temps jusqu'à en composer la moitié de l’épaisseur. Sa couverture n’indiquait aucun titre ni écriture, mais il
n’en avait en rien besoin face à la beauté du dessin qui la recouvrait. Il s’agissait d’une image de flammes ardentes ; André était athé mais il était certain que si un dieu existait c’était
sûrement lui l’auteur d’une reproduction si fidèle a la réalité. Ses mains se lancèrent aussitôt pour s’en emparer et a cet instant précis, les flammes semblèrent s’animer tel un vrai feu ; en
renforcant encore le réalisme. André voulu lâcher le livre de peur de se brûler les doigts mais le phénomène s’arrêta aussi vite qu’il fut apparu ; le laissant croire à une ilusion d’optique
plus qu’impressionante, bien qu’un leger doute subsistait encore dans ses pensées. Paul dont le sac était déjà plein s’alarma de voir son ami et collègue en pleine contemplation quasi léthargique.
Il lui saisit et lui secoua légèrement l’épaule lorsque le bruit sec et facilement reconnaissable d’une porte s’ouvrant retentit du premier étage. Ils avaient déjà vécu ca, se retrouver face
à une victime insomniaque ou a la vessie trop pleine pour dormir et ils n’avaient jamais eu besoin d’avoir ou de préparer des armes ; leurs capacités et leur experience suffisait. Paul se
glissa aussi vite que silencieusement vers la seule fenêtre du salon et commença à en ouvrir les vitres ; André lui, garda Le livre a la main sans meme y reflechir tandis qu’il remplissait
avec hate son sac des livres les plus anciens qu’il trouva sur la bibliotheque. Puis ils s’arrêtèrent…il n’y avait aucun bruit, aucun frottement de pied sur le sol, ni de bruits venant de
l’escalier ; meme pas de son de respiration. Rien ne parvenait à leur ouie plus que concentrée. Ce fut à partir de cet instant la qu’André regretta de ne pas avoir fait carrière dans le
scoutisme.
Un feu aux flammes aussi grandes qu’un enfant s’alluma soudainement dans la cheminée, meurtrissant et éblouissant leurs yeux de par les lunettes amplificatrices de lumière. Gémissants et sans
aucune compréhension de ce qui leur arrivait, ils déplacèrent leurs lunettes sur leur front ; tentant d’apercevoir ce qu’il se passait. Les véritables couleurs de cette pièce leur
apparurent alors pour la première fois. Le sol était d’un carrelage noir ou se disposaient plusieurs tapis d’un rouge vif ; les murs d’un orange foncé et le plafond d’un jaune graduellement
clair. L’éblouissement aidant , André se crut l’espace d’un instant au sein d’une flamme gigantesque. Mais le plus effrayant restait la silhouette dont les contours se dessinaient au fur et a
mesure à leurs yeux. Devant eux et au centre du salon se trouvait un homme bien portant à l’age mur, son visage rond et moustachu semblant n’exister que pour délimiter des yeux immenses et furieux
comme ceux d’un hiboux. Bien qu’il ne soit vêtu que d’une vielle robe de chambre , il se dégageait de lui une aura comparable a celle d’un Pitt bull devant un poussin ; cette derniere teintée
d’une froide et calme determination plus inquietante encore. Il ne dit même pas un mot mais les toisa d’un sourire glacé surmonté d’un regard fixe et pénétrant. L’idée de le bousculer pour s’enfuir
par la porte d’entrée ne franchit même pas le cap de l’imagination avant d’être désintégré par ce sourire. Pris d’une hystérie croissante , Paul ouvrit les volets de la fenêtre a toute hate.
L’homme bougea alors pour la première fois, sans cesser de sourire ; ses levres laisserent s’echapper un fin marmonement. Un brusque courant d’air chaud traversa alors la pièce, comme la
bouffée de chaleur d’un four ouvert en pleine cuisson ; il bouscula presque Andre et se rua sur Paul. Ce qui dura alors quelques secondes paru une éternité. Paul fut secoué comme si un poing
énorme l’avait frappé à l’estomac, pris de spasmes il chancela plusieurs fois sans tomber. Son souffle devint une buée opaque, crachant une odeur de bacon grillé. Ses mains frappèrent et griffèrent
son torse comme s’il tentait de s’arracher quelque chose de la poitrine. Puis les extrémités de son corps grésillèrent et s’enflammèrent soudainement et progressivement. Le haut de sa cagoule fut
soufflé par une flamme aussi vive qu’ardente qui crama tout ses cheveux. Le tissu de ses gants brûla en se mêlant à la chair de ses doigts, les ongles chutants comme des cailloux roussis. De sa
poitrine surgirent d’autres flammes qui envahirent son torse. Ses yeux semblèrent hésiter entre exploser et fondre avant d’opter pour les deux chois à la fois. De sa respiration s’échappait
maintenant une puanteur qu’André ne connaissait pas mais qu’il n’oublierait jamais ; celle d’un cerveau porté a ebulition puis a l’etat de liquide. L’odeur irritante du plastique de sa
tenue s’y mêla. Ses bras et jambes entiers n’étaient plus que des tronçons de chair en plein brasier d’où coulaient ci et la de grosses gouttes de graisse humaine avant qu'elles ne s'evaporent.
L’on pouvait à présent apercevoir ci et la des parties d’os déjà attaquées par la chaleur. Ce qui était désormais un cadavre utilisa l’étincelle de vie qui lui restait en poussant un long cri d’où
naquit une flamme tout aussi haute avant de se tourner vers André. Une main en feu s’accrocha dans son dernier mouvement a celle de son collègue. André qui suait de par la température élevée avait
le cerveau non pas en proie aux flammes mais a la terreur la plus absolue. Ses yeux fixèrent une main d’os déposant ce qui lui restait de chair quasi liquide sur son poignet avant de s’effondrer
tout comme le reste du corps ; ou du moins du squelette. Son regard affolé au possible se posa sur l’homme en robe de chambre qui semblait reprendre son souffle comme après un effort physique.
Les pensées d’André étaient en plein état de choc, mais pas son instinct de survie. Sans même y réfléchir, il finit d’ouvrir les volets entrebâillés en se jetant au travers. Il maudit le choc du
sol sur lequel il s’étala qui lui prouva que tout ceci n’avait rien d’un rêve. Portées par l’adrénaline et une peur viscérale, ses jambes musclées n’eurent aucun mal a le faire s’enfuir. Ce qui
n’était pas le cas de son esprit plus que confus par l’horreur et la perte de son meilleur ami, sans même s’en rendre compte ; il s’engagea à toute vitesse et a tout hasard dans la
foret,oubliant de suivre le chemin…
A la fenêtre, l’homme le suivit du regard et retrouva son sourire. Il porta machinalement a ses lèvres une cigarette qui s’alluma sans briquets ni allumettes. Ce cambrioleur l’amusait autant qu’il
l’énervait ; un peu d’action apres tant d’années de calme le ravivrait. Mais on lui avait volé son Livre et cela il ne pouvait ni l’accepter ni le pardonner. Une fine lueur enflammée de colère
traversa ses yeux. Calmement, il referma ses volets et eteigna sa cigarette sur le squelette noirâtre et fumant ; puis, il sortit de chez lui d’un air determiné.
André courut jusqu'à ce que le manque d’air lui irrite les poumons. Dans ses pensées défilaient en même temps la mise a mort de Paul et tout ses souvenirs en sa compagnie. La personne avec qui il
avait tout partagé et qu’il connaissait le mieux n’était plus et cette perte le torturait autant que la façon dont il l’avait vu mourir. Puis, le souffle coupé, le visage embué par les larmes et
les jambes chancelantes ; il tomba à terre et pris conscience de la situation presente. Il était perdu. Reprenant sa respiration, il replaça ses lunettes et tenta d’apercevoir le chemin mais
ce fut en vain. Il était vraiment perdu. La nécessité de survie chassa sa tristesse sans la détruire. Baissant les yeux sur ses mains il se rendit compte de deux choses. La première étant que ce
qu’il restait de la chair de Paul gisait en cinq traînées gluantes et légèrement fumantes sur son poignet. La deuxième que sa main droite serrait encore le Livre de ses phalanges blanchies par
l’effort. André tenta de se rassurer, il finirait bien par retrouver le chemin et si il était perdu, ce salaud aurait encore moins de chance de le retrouver. D’ailleurs pourquoi le suivrait
t’il ? Pour un livre ? Un type de 50 ans même si il était sorcie..(il s’efforça de ne pas penser a ca, de ne pas revoir le supplice de Paul, de ne surtout pas regarder ce qu’il restait de
son ami ! ) n’allait pas ce mettre a parcourir la foret entière pour juste un livre ! Il se répéta ses pensées encore et encore même si la plupart de son esprit n’y croyait pas ;
sans savoir pourquoi il avait ressentit dés le premier regard que ce Livre n’avait rien d’ordinaire..
Le sorcier marchait d’un pas sur et soutenu. Il ne s’était pas changé mais le froid nocturne ne lui causait aucun désagrément ; a vrai dire il ne le sentait meme pas. Le Livre lui indiquait sa
présence comme une balise sur terrain plat. En se concentrant il pouvait même sentir les doigts de ce cambrioleur suicidaire dessus…
André ne pouvait s’empêcher de jeter des regards anxieux tout autour de lui. Il avait décidé de rebrousser chemin jusqu'à apercevoir de loin la maison , puis de tourner en rond jusqu'à
retrouver le chemin. Cela fesait un quart d’heure que Paul avait été tué, ce sorci..(ne pas y penser , ne pas y penser !) avait sans doute laisser tomber. Retirant sa cagoule qui lui gênait sa
respiration toujours légèrement paniquée, il eu l’impression d’apercevoir une silhouette humaine en remettant ces lunettes. Fausse alerte , c’était immobile. Sans doute un petit arbre…une lumière
soudaine comme un éclair apparue en direction du « petit arbre ». La lumière se dilata et se concentra l’espace d’un instant puis fila vers lui. André avait passé toute sa vie a aiguiser
ses réflexes, sa vitesse et son agilité ; pourtant, la boule de feu le frola de si pres que la chaleur lui mordit les cotes. Ce condensé sphérique de flammes s’abattit sur un buisson derrière
lui et le pulvérisa, projetant de multiples feuilles enflammés autour de lui. Mais André ne pris pas la peine de les regarder, ni elles ni ce qui n’avait rien d’un petit arbre ; tetanisé, il
fuya de toute la force de ses jambes.
La végétation lui giflait le visage et la poitrine tandis qu’il courait aussi vite qu’il pouvait. Jetant quelques regards derrière lui ; il s’apercut que l’homme n’etait plus visible.
Apres avoir continué de traverser les bois pendant plusieurs minutes pour mettre une distance de « sécurité » ( que ce mot était ridicule ! ) , son esprit commença a analyser la
situation. Que cet homme soit sorcier ou démon il semblait ne pas avoir autant d’entraînement a la course, d’un autre coté ; il connaissait surement mieux la foret que lui. Et le jour ne se
lèverait qu’après plusieurs longues heures, de quoi s’épuiser a courir dans une direction hasardeuse. Il valait mieux choisir une cachette sure, quitte a en changer si besoin est ; et attendre
qu’il se lasse,si cela etait possible… De toutes facons, ses jambes poussées a leur maximum debutaient a lui envoyer de douloureux signaux de fatigue. Plusieurs arbres entourés d’un attroupement de
buissons épais lui semblèrent idéal. Il se mis a terre, autant d’épuisement que de nécessité pour s’y faufiler, puis s’engouffra dans l’un des multiples bosquets touffus. Quelques épines lui
griffaient les joues et les bras mais il n’en avait que cure ; mieux valait ca et se planquer comme un chien terrorisé plutot que de mourir comme Paul ;plutot que de mourir tout court.
Une fois entièrement dissimulé par des branches et des feuilles, sa respiration sifflante laissa progressivement la place a un silence angoissant ; seulement troublé par quelques bruits
furtifs d’animaux. Il sentait au plus profond de lui qu’il ne tiendrait pas longtemps comme ca, a revoir sans arrêt l’agonie de feu son ami ; a cacher ses cotes martyrisées par le feu et
l’effort. Proie d’un avenir qui s’envisageait plus qu’incertain, voir fatal. Il lui fallait un support ou poser ses pensées, un dérivatif ou se concentrer pour ne pas devenir fou. Le Livre était
toujours la, ses doigts n’avait même pas bougé de place sur sa couverture. Il tenta en vain de trouver autre chose a faire puis se convaincu peu a peu. Apres tout, si il y avait quelque chose qui
pourrait le renseigner sur cet…. « homme » c’était bien ce Livre ; et la lecture avait toujours ete son refuge. Il aurait très bien pu se retrouver avec seulement les traces
indelibiles de chair fondue sur son poignet. Ce Livre était une chance, et il ne fallait en aucun cas la gaspiller. Ignorant une fourmilière excédée par la présence d’un derrière humain sur son
entrée principale, André retint son souffle et tourna la couverture.
La page de garde était vierge de tout écriture, mais ornée d’un symbole a l’histoire sanglante ;celui de l’inquisition. De toute évidence, ce livre avait été destiné au buchet ;de
toute evidence il y avait rechappé. Ce qui n’étonnait guère André, pas plus que ce symbole ne soit placé sur la couverture ; comme il etait autrefois coutume. Plus l’on regardait ce livre et
plus la conviction qu’il n’avait rien de normal hérissait chaque poil de votre nuque. La qualité de conservation du papier était incroyable pour un ouvrage aussi vieux. Bien que le temps ait réussi
a y imposer sa marque deterioratrice sous la forme d’une couleur brunâtre ; plusieurs couches de vernis avaient soigneusement eté disposées par son proprietaire. Toutes dans un
vieux français, les premières pages regroupaient des documents officiels de l’époque collées a même le Livre et très probablement réalisées par l’inquisition. Il s’y trouvait un avis a la
population déclarant la mise a mort d’un groupe d’hérétiques ; suivit d’un rapport d’actes et rituels impies mettant en scene d’immenses feux, parfois meme des incendies volontaires. Quelques
noms et prenoms s'eparpillaient au fil des lignes, certains avaient la banalité d'un francais ancien ; d'autres possedaient la meme prononciation etrange que s'accordent des divinités paiennes
encore plus anciennes .
Le sorcier s’amusait. Il n’avait vécu telles sensations depuis le moyen age. Des souvenirs joyeux d’un temps ou lui et ses compagnons ne se cachaient pas lui revenaient . Mais même la maudite
inquisition qui les avaient forcés a se faire discret, leur avait offert plusieurs distractions. Il ne pu retenir un rire en repensant a ses idiots qui avaient voulus les jeter au brasier. C’est
ainsi qu’ils avaient choisis leur nom. Rien ne pourrait lui faire oublier ce moment précis ; lorsque les flammes du buchet les avaient envellopés sans les blesser de quelque facon que ce
soit ; avant de se jeter comme des bêtes en furie sur les personnes présentes jusqu a ce que leurs os soient cendres. Ni la tète de l’inquisiteur lorsque son mentor avait déclaré cette phrase
historique « Nous jeter au brasier ? Mais nous sommes les Fils du Brasier ! ». Son initiation fut de pourchasser le dernier homme d’église survivant, et la traque présente a
travers les bois y était semblable a plusieurs points. Cet inconscient pouvait courir, se cacher comme un pitoyable animal blessé mais il ne lui échapperait en rien. Il récupérerait son Livre, oh
oui ; rien n’etait plus sur. Et cet exercice présent le régalait.
Cela fesait bientôt dix minutes qu’André parcourait les pages de ce Livre. Et cela fesait aussi dix minutes que le reste d’espoir qu’il possédait se dissipait peu a peu. Il y avait dans ces écrits
des choses qu’il n’aurait jamais cru, même bourré. Malheureusement pour lui, le choix de croire ou pas en ces horreurs c’était fait occire en même temps que Paul. Il avait vu ce sorcier a l’œuvre
et a présent, ce qu’il voyait n’était rien d’autre que la théorie. Sous ses yeux était dessiné des dizaines de formes géométriques incompréhensibles entourées d’annotations en une langue inconnue.
Parfois traversées de calculs aussi complexes qu’indéchiffrables ;mais le pire restait le semblant de traduction qui finissait chaque page. Tout cela parlait de sort, mais de façon presque
....éducative. Une écriture differente a celle des traductions relatait comme des comptes rendus d’exercices pratiques. Il s’agissait d’affirmations ou d’observations ; la plupart basées sur
la realisation de ces sorts. Il y avait dans ces écrits l’exaltation d’un érudit a faire naître le feu de rien, a infliger ces flammes sur des formes de vie de dizaines de façons differentes.
Comment enflammer un oiseau, comment donner l’illusion de la vie a un feu, comment le faire ramper puis se jeter sur une cible tel une bête enragée. Plus André continuait a déchiffrer ces mots et
plus le monde qu’il avait toujours connu lui apparaissait sous un jour nouveau. Une phrase particulièrement le laissait face au gouffre de la folie ; elle declarait : « Nous tirons
vie de ce que nous consommont ». Ce n’était pas la phrase en elle-même qui terrifiait sa raison mais ses implications....Il savait très bien que tout être tire son énergie de ce qu’il devore
et la comparaison avec le feu qui fesait de même le fit profondément grimacer. Etait ce possible ? Etait ce vraiment possible que des humains manipulant si bien le feu sous toutes ses formes
puissent de la même façon tirer l’énergie de ce que le feu brûlait pour eux ? C’était inconcevable, inimaginable mais pourtant, ce qu’il avait vu et la logique de cette phrase ne lui laissait
aucun doute…Quelque soit ces efforts pour le nier il le savait au plus profond de lui a présent. Cette révélation le laissa abasourdi, préférant ne pas en savoir plus et maudissant sa
curiosité ; il ferma le livre d’un coup sec. Puis de fins bruits de pas l’arrachèrent a ces pensées terrifiantes. Il jeta le plus discrètement possible un regard a travers la végétation
qui l’entourait de toute part. IL était la.
Debout, calme et assuré comme toujours et a 3 mètres des buissons. Il se passa cinq secondes, cinq secondes d’une abominable lenteur puis le sorcier déclara « Je sais que tu est la ».
Aussitôt, il leva sa main et le bosquet épineux a la gauche d’André s’enflamma comme si le feu y avait pris depuis plusieurs minutes. André ne pu retenir un cri aigu en se faufilant plus
profondément dans les buissons tandis que celui a sa droite s’enflamma. Trois pensées précises occupèrent alors son esprit. La première était que le sorcier ne lui proposa même pas de reddition
mais agissait comme s’il jouait. Trois buissons prirent feu devant lui. La deuxième fut qu’il ne regarderait plus jamais son sketch préféré des monty pythons « how not to be seen ». Toute
la végétation qui se trouvait a ses cotes droit et gauche pris feu ;des gemissements d’agonies de plusieurs rongeurs malchanceux traverserent ses oreilles. La troisième pensée était :
COURS ! Ce qu’il fit au moment precis ou l’endroit ou il se trouvait auparavant pris la même vision que l’enfer. Ces jambes avaient eu le temps de se reposer et ils ne les remercieraient
jamais assez. Il ne se mit pas a courir du plus vite qu’il pu, mais plus vite qu’il ne l’aurait jamais pu. Ses tempes et son cœur battaient a tout rompre, la peur et l’adrénaline submergeaient son
corps. Un bref regard en arrière l’informa d’une horreur de plus ; ce qui avait la forme d’une gigantesque bulle de flammes le talonnait. Cette sphere incandescente flottait a quelques
millimètres du sol ,traversant buissons et arbustes comme une cuillère un yaourt ; ne laissant que cendres sur son passage. André couru encore plus vite, il ne fesait pas juste que tirer
chaque once de force de son corps et lui obéir de fuir ; non , il ne pensait qu’a fuir ; il ne respirait que pour fuir ; il ne vivait plus que pour fuir. Le monstre lui, gagnait du
terrain ; l’on pouvait apercevoir la fumée degagée uniquement par l'existence d'une chaleur aussi pure et concentrée. L'avant de cette boule de magma se contracta, des excroissances
flamboyantes et crochues s'en extirpant pour se rapprocher encore un peu plus d'André. L’on avait l’impression que l’air lui-même bouillonnait autour de la créature. Son sifflement était celui des
incendies gigantesques et non maîtrisés, des brasiers propagés et attisés par le vent sur des regions entieres. Puis, une fois a distance raisonnable, cette sphere de flammes se projetta en avant ,
bondissante comme un crachat de l'enfer . André sentit la brûlure de la chose sur son dos alors qu’elle se levait et se jeta aussitot d’un bond sur le coté. La chose l'atteignit tout de meme a la
main. La douleur fut atroce, ce qui était cinq doigts mirent moins d’une seconde a fondre totalement, ne laissant même pas un os. Le moignon fut cicatrisé tout aussi rapidement par la chaleur.
Toujours sur ses pieds, André retint un cri de souffrance pure afin de conserver un peu d’air et continua sa course. Il voulu mettre l’extrémité désormais ronde de son bras sur son torse par
instinct mais ne fit que brûler le haut de sa poitrine par la chaleur résiduelle. Il ne regarda même pas son membre amputé ni derrière lui, il pouvait encore en sentir la chair fondre légèrement
avant d’enfin reprendre une température ambiante. Surmontant les affres de la douleur , il les utilisa pour motiver plus encore son corps a la fuite ce qui semblait fonctionner malgré les
innombrables larmes qui ruisselait sur son visage. Lorsqu’il risqua un vif regard en arrière, il aperçut la créature s'enfoncer dans la terre cramoisie puis se réduire en taille avant de
disparaître en un clin d’œil dans un nuage de fumée noire ;son maitre apparement trop loin pour la maintenir en vie par sa volontée.
C’est seulement a ce moment qu’il se laissa tomber d’un plat magistral sur le sol. Il n’avait jamais eu aussi mal. Le sorcier n’allait pas le laisser s’en sortir, il le savait aussi sûrement que
deux et deux font quatre. Aussi sûrement que la souffrance enflammait chaque terminaison nerveuse de son bras privé a tout jamais de main. Puis une montée de bonheur le souleva en même temps qu’il
relevait sa tete . Il était sur le chemin. Il le reconnaissait sans erreur, le petit passage a peine débroussaillé par lequel ils avaient progressés vers cette maison maudite. Une bouffée
d’espoir le força a oublier la douleur et a se remettre piteusement debout malgré ses talons en sang et son corps courbaturé.
Le sorcier grogna d’une colère a faire enflammer une armée. Personne ne s’était jamais mis en travers de son chemin sans payer de très lourdes conséquences. Et voilà qu’un minable cambrioleur lui
avait volé son bien le plus précieux et intime, et il espérait s’en sortir comme ca face a un Fils du Brasier ?!. Une rage millénaire étreignait ses pensées ; quelques feuilles
sur le chemin de son regard passerent a l’etat de cendres. Son énervement était a son maximum, lui fesant proférer des jurons aussi bien modernes que moyen ageux. Il pouvait encore sentir le
livre dans les mains de cet être pitoyable toujours en vie…Bien ! Si c’est ainsi c’est son sort le plus horrible qu’il subira ! Fulminant de colère, le sorcier commença a tracer du bout
des doigts une longue figure géométrique sur le sol.
André voulait courir, fuir tout cela en suivant le chemin aussi vite que possible mais ces jambes extenuées n’étaient pas de cet avis. Aussi marcha t’il seulement. Se rendant compte que sa dernière
main tenait encore le Livre, sa première réaction fut de vouloir le jeter. Mais au dernier moment, il changea d’avis. Il avait apparemment encore une chance de s’en sortir et ce livre était la
seule chose que la vie lui avait donné en échange de Paul et de sa main. De plus une telle découverte avait de quoi le rendre riche jusqu'à la fin de ses jours. André avait vécu l’enfer et a
présent il commençait a rever du paradis. Il n’avait plus eu signe de vie du sorcier depuis maintenant vingt minutes et a la vitesse de tortue boiteuse a laquelle il marchait ;ce dernier
l’aurait deja surement rattrapé si il l’aurait voulu. Il continua son chemin tant bien que mal, tentant de ne pas trop exiger de ses muscles a la limite du déchirement ; lorsque qu’un caillou
le fit bêtement tomber. Il réussit a se rattraper sur un genou faiblard mais sa main lâcha le Livre qui s’abattit sur le sol ; liberant plusieurs pages. Lorsqu’il les ramassa, il s’aperçu
qu’elle n’avait rien du papier ancien qu’il connaissait. La plupart avait la texture granuleuses de feuilles de basses qualités servant a des notes ;et quelques-unes celle du papier glacé des
magazines d’aujourd’hui. Par surprise de cette découverte, il les feuilleta tout en continuant sa marche. Celles des magazines provenaient apparemment de revues scientifiques ; plus
precisement d’articles sur la pyrokinesie, ce qui ne l’etonna guere. Contrairement aux feuilles de notes. Qui elles, lui coupèrent le souffle ; dés qu’il comprit de quoi il s’agissait.
Autour des pieds du Fils du Brasier s’étendaient toute une panoplie de dessins aux structures autant mathématiques qu’occultes. En leurs centres, le sorcier fouilla sa mémoire a la recherche
d’incantations. Puis, se concentrant au possible, il débuta l’entonnement de litanies au langage inconnu. Le ton d’abord marmonnant, monta très lentement en volume tandis que les contours des
motifs au sol s’emplirent de lignes pourpres et flamboyantes.
Toutes les notes fesaient office des résultats de filatures assidues. Il devait y avoir une demi-douzaines de personnes qui a travers le monde étaient surveillées avec la plus grande attention, en
raison de leur « dons ». Chacune de ses personnes semblaient avoir des talents plus ou moins latents en pyrokinesie ou en occultisme et les fils du brasier les étudiaient avec soin.
Mesurant leur capacité comme a la recherche de nouveaux menbres, ce qui le fit frémir d’angoisse. André retint un sanglot en croisant un mégot de cigarette, la dernière qu’avait fumée Paul.
Néanmoins le mégot lui fournit une estimation de distance plus qu’utile ; la voiture devait se trouver a deux centaines de metres maximum. Ses jambes bien que toujours affaiblies, se portaient
mieux et l’enthousiasme de la libération proche les raviva un peu plus. Accélérant la cadence, André se surpris a sourire pour la première fois depuis plusieurs longues heures abominables. Mais son
sourire se transforma en rictus lorsque le vent aida des mots etranges a parvenir a ses oreilles. Les memes mots qu'il avait entrapercus dans le grimoire,repétés et criés comme un chant , tous
porteurs d’une terreur a l’odeur de la chair humaine brûlée. Il était logiquement impossible qu’a une telle distance, André entende les paroles du sorcier. Mais celles ci s’épanouissaient a
travers la foret, grondant chaque syllabe tel le tonnerre ; emplissant les bois de mots secrets d’une voix grave et meprisante dans laquelle on pouvait lire toute sa fureur. Pris de panique,
André se remit a courir ;traversant les derniers metres. Se moquant de la douleur et de l’état de ses jambes, il les franchis avec rapidité ; arrivant enfin devant la voiture si
convoitée. Elle était toujours la, comme si rien ne s’était passé ; atendant ses proprietaires. Encore une fois des larmes coulèrent le long du visage d’André, mais pour une fois ce fut des
larmes de soulagement. Sans perdre un instant, il saisit la clef dans une poche intérieure de sa tenue. Les paroles horrifiantes du sorcier s’arrêtèrent net. Pendant une seconde, le cœur d’André se
mit a battre littéralement de bonheur pur. Puis durant la seconde suivante, André eu a peine le temps de voir une vague de flammes de plusieurs mètres de haut traverser en la calcinant la totalité
de la végétation derrière lui. A la demi-seconde qui suivit, le réservoir de la voiture explosa ; propulsant les cendres d’Andre sur plusieurs metres. Ce tsunami de flammes lécha les
délimitations de la foret et s’estompa peu a peu, laissant le goudron de la route qui ceinturait les bois en état de bouillonnement. En juste quelques instant, des siècles de croissance végétales
et le squelette d’André furent réduits a de la poussière noirâtre. Entièrement tout n’était plus que cendres Sauf un unique objet.
Environ une heure après, un adolescent en robe de chambre et aux yeux comme ceux d’un hibou apparu aux abords de la foret. Abordant un immense sourire, il s’abaissa pour ramasser un livre intact.
Apercevant un crane partiellement enfoui sous les cendres, il le souleva tout en fesant redoubler son sourire ; puis il le jetta en l’air. Sifflotant gaiement un air joyeux, le désormais jeune
homme s’éloigna en réfléchissant a sa prochaine demeure.